Ce que je pense des applications de décryptage cosmétique

Clean Beauty, Inci Beauty, CosmEthics… voilà des applications qui font le buzz car elles permettent de décrypter les étiquettes cosmétiques. Vous connaissez ces applis ? Laissez-moi vous dire en quoi ces outils nous aident à décrypter les emballages des cosmétiques, mais pas forcément à acheter mieux en mode Slow Cosmétique…

DES APPLICATIONS COSMETIQUES ?

Clean beauty
Clean Beauty, Inci Beauty, mais aussi beaucoup d’autres apps sont dispos….

Depuis que mon livre « Adoptez la Slow Cosmétique » est paru en 2012, et un petit peu avant aussi, des milliers de consommateurs ont compris l’intérêt de la liste INCI. Cette liste d’ingrédients obligatoirement affichée sur les emballages de nos cosmétiques en Europe est la seule façon pour le consommateur de savoir ce que contiennent nos produits de beauté.

Oui mais voilà, cette liste est écrite en « langage INCI », qui fait usage du latin et de termes chimiques pas très faciles à comprendre… On sait que la liste est exhaustive et qu’elle se présente par ordre décroissant. Le premier ingrédient étant en effet le plus présent dans la formule. C’est souvent « aqua », de l’eau. Jusque là, ça va. Mais dès qu’on croise un mot comme « butylene glycol » ou « stearic acid » ou « pentasiloxane », comment savoir de quoi il s’agit vraiment si on n’a pas retenu mes astuces de décryptage inci par cœur ? 😉

On peut faire confiance à des sites internet spécialisés (EWG Skin Deep, La Vérité sur les Cosmétiques…), et depuis quelques temps à des application mobiles dédiées à l’INCI : Clean Beauty et Inci Beauty pour en citer deux parmi les plus connues en France. Ces applications vous permettent d’entrer un mot en langage INCI et d’en découvrir le sens et la nature. C’est très bien, mais moi cela ne me plaît pas trop.

Ah bon ? Lisez la suite…

CE QUE JE PENSE DES APPLICATIONS COSMETIQUES  dédiées « INCI »

julien kaibeck inciJe pense qu’elles sont sympas, mais qu’elles ne peuvent surtout pas constituer la seule base de décision pour un achat cosmétique. Je leur préfère certains labels bio ou la Mention Slow Cosmétique. Eh oui !

Lire l’INCI, c’est un must, mais cela ne suffit pas à un achat malin. Laissez-moi vous expliquer pourquoi…

Comme vous le savez si vous me suivez, je suis parmi les plus fervents apôtres du décryptage de l’INCI. J’ai grandement participé à la tendance « lisez l’INCI » avant l’achat en fondant la Slow Cosmétique. Je ne le regrette pas et je continue à dire qu’il faut toujours lire ce qu’un cosmétique contient sur l’emballage avant de l’acheter.

Oui, mais il n’y a pas que ça à faire. Il faut aussi penser au-delà de l’INCI, à l’entreprise, à son modèle économique et à ses ressources humaines autant que ses appros d’ingrédients.

Voici quelques exemples…

1) La cliente qui voulait un produit naturel et noble…

inci cosmétique en question
L’inci compte beaucoup mais il n’y a pas que ça pour bien choisir

Admettons que vous cherchez un produit naturel et vraiment noble, qui répond aux principes de la Slow Cosmétique (écologie, santé, intelligence et raison). Si vous lisez l’INCI d’un produit certifié bio de la gamme Lidl ou Sanoflore, en vous aidant d’une appli, vous constaterez qu’il ne contient presque que des ingrédients naturels, pas mal de bio, et que sa formule est écologique et saine. Oui mais voilà, l’appli ne vous aura rien dit sur la nature noble ou non des ingrédients (les huiles sont elles vierges et bio ? y a-t-il trop d’huiles estérifiées dans la formule par rapport aux huiles vierges, etc ? Et que dire sur la marque qui propose ce produit ? Produit-elle du végétal ou n’est-elle qu’un conditionneur ? Rien non plus sur la réelle qualité des ingrédients, du lieu où ils ont été sourcés, et comment.

Pourquoi vouloir en savoir plus sur la marque qui propose le produit ? Parce que ça compte !

Dans mes exemples, je n’ai rien contre Lidl, mais vous avouerez que c’est une enseigne au visage assez peu humain et quoi qu’il en soit plus motivée par les résultats à présenter à son conseil d’actionnaires plutôt que par sa volonté de changer les modes de productions pour plus d’écologie ou de bio. Pour Sanoflore, l’appli ne vous dit pas que la marque appartient à L’Oréal, qui est un leader de la cosmétique industrielle et avec elle de la production industrielle, poussée par la publicité et le marketing conventionnel, et très peu d’investissements réels dans l’économie du bio, de la plante en circuit court ou moyen, etc…

2) Le client qui voulait un produit éthique…

Tout comme dans l’exemple ci-dessus, l’appli qui décrypte pour vous l’INCI ne vous dira pas si l’ingrédient « butyrospermum parkii » est un beurre de karité éthique ou non. Je m’explique… D’abord, il y a la question typique pour le karité : est-ce du brut ou du raffiné ? Et est-il « équitable » ?

L’appli vous dira peut-être qu’il est bio, mais rien sur les conditions de vie et de travail des femmes qui l’ont récolté et travaillé, et encore moins sur son conditionnement après, son raffinage éventuel, etc…

Cette problématique concerne beaucoup d’ingrédients cosmétiques de type « plante exotique », comme le jojoba, la figue de Barbarie, l’argan, le buritii ou l’urucum, etc, dont on vous vante les bienfaits à qui mieux mieux.

 

3) La cliente qui voulait un produit sensé

Mention Slow Cosmétique
La Mention Slow Cosmétique est gage de qualité et de bon sens aussi.

De plus en plus de gens comme moi veulent que leur achat participe à une nouvelle économie : plus respectueuse du producteur, si possible locale ou en circuit court, et plus écologique surtout.

Si vous lisez l’INCI d’un produit en vous aidant d’une appli, vous ne saurez rien sur le modèle économique de l’entreprise. C’est un peu comme dans l’exemple 1. Vous me direz « on s’en fout un peu, si le produit est sain et naturel c’est déjà bien ». Oui, mais si vous êtes arrivé-e jusqu’ici, c’est que vous avez l’âme d’un consom’acteur, et pour cela rien de tel que des signes distinctifs comme la Mention Slow Cosmétique.

Cette Mention est à ma connaissance une des plus « englobantes » (avec Nature et Progrès). C’est en garantissant à la fois la naturalité et l’écologie d’un produit, mais en prenant en compte aussi l’entreprise qui l’a conçu, qu’on arrive à sélectionner ce qui est vraiment plus sensé.

Vous l’aurez compris, je ne vous encourage pas à utiliser les applis beauté comme base pour votre achat, mais bien à les coupler à d’autres garanties « publiques » pour bien acheter.

Je vous rappelle qu’un shopping cosmétique en direct des artisans félicités par la Slow Cosmétique est possible sur www.slow-cosmetique.com et que des boutiques physiques « Corners Slow Cosmétique » existent en France et en Belgique et aussi ailleurs en Europe..

 

 

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2 Commentaires

  1. « La marque ça compte » c’est vrai et c’est très important. Merci Julien de le rappeler
    Quand les géants de la cosmétiques (ça marche dans s’autres domaines bien sûr) créent une marque bio (qui représente 0,0001 % de leur activité) c’est pour être présent sur ce marché là aussi, et mieux le contrôler. Leur puissance marketing, leurs budgets com et leur politique de prix (ils peuvent se permettre de ne rien gagner ou presque sur ce minuscule secteur de leur activité) empêche les petites marques sincères et authentiques de trouver leur vraie place sur ce marché.
    J’aimerai trouver un nouveau label qui attesterait de la santé « sociale » d’une marque, de la façon dont sont considérés les salarié, les fournisseurs, les prestataires…. Un label qui parlerait égalité homme/femme, accès à la formation, management positif, bonheur au travail… Un label qui mettrait l’être humain au coeur du dispositif . Vous pensez que ça existe ?

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